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Article #2 (Charlyne Secrestat) : Concilier études et natation de haut niveau, est-ce possible ?


Nous connaissons tous des sportifs, et en particulier ici des nageurs qui ont réussi sur le plan sportif. Ils ont franchi les étapes des championnats d'Europe puis des championnats du Monde pour arriver aux Jeux Olympiques, considérés par beaucoup comme le graal ! Nous nous souvenons de ceux qui ont été médaillés, félicitations à eux.


La natation fait partie des sports "ingrats". Combien de fois avons-nous entendu qu'il fallait "manger des longueurs" pour atteindre le haut niveau dans ce sport ! Cela implique de consacrer beaucoup de temps dans les bassins notamment.


Alors comment ces nageurs de haut niveau qui nous ont tant fait rêver et vibrer réussissent-ils à gérer leur vie de sportif de haut niveau avec les entraînements nécessaires et leur vie d'étudiant qui représente leur avenir en tant qu'être humain responsable et épanoui ? Est-ce vraiment possible ?



Mon parcours sportif et scolaire

Je me présente : Charlyne Secrestat, nageuse de demi-fond et sportive de haut niveau jusqu'au mois de juin dernier.


Mon palmarès sportif :

- trois fois Championne de France du 25 km (2014, 2015 et 2016)

- 3ème aux Championnats d'Europe junior sur 5 km (2013)

- 3ème aux Championnats du Monde junior sur 5 km (2014)

- finaliste A aux Championnats de France Nationale 1 au 200m papillon

- plusieurs fois titrée Championne de France sur 5 km et 10 km par catégorie 

- participation à la Coupe du Monde d'Abu Dhabi en février 2015.

- participation aux Championnats d'Europe à Hoorn en 2016.


D'un point de vue scolaire j'ai toujours sacrifié des semaines de cours, des interrogations et des heures de soutien pour pouvoir être présente aux entraînements et aux compétitions.


Alors pour moi, concilier sport de haut niveau et études paraît vraiment très difficile, c'est comme ça que je l'ai vécu.


Charlyne sous les couleurs de l'Equipe de France
​"On m'a toujours proposé des "horaires aménagés" qui ne sont en fait que la possibilité de manquer des cours parce que j'avais le statut de sportif de haut niveau."

"M'entraînant deux fois par jour et chaque trajet pour rentrer chez moi prenant environ 45 minutes, j'ai dû m'installer en internat loin de chez moi, pour loger au pôle.


Lorsque j'étais en première, ma coach m'a quelque peu poussée à étudier à distance avec le CNED, ce qui impliquait de stopper les cours au lycée, pour que je puisse consacrer plus de temps à la natation.


Cette perspective m'a fait peur et n'était pas envisageable pour plusieurs raisons.

Je pensais que je ne réussirais pas à obtenir le baccalauréat sans présence physique des professeurs.


Aussi j'étais convaincue que je n'aurais plus de vie sociale en dehors de la natation. J'avais peur de perdre mes amis non nageurs et pour moi c'était important de continuer ces contacts en dehors des bassins.


Et enfin je sentais que la natation deviendrait pour moi un devoir, un métier et non plus mon sport, ma passion. Je ressentais ça comme quelque chose de trop sérieux, de trop professionnel.


"J'avais peur de tout abandonner pour la natation."

Il faut dire aussi que ces craintes étaient amplifiées par les nombreux exemples de sportifs de haut niveau et notamment des nageurs qui ne réussissent pas à vivre de la pratique de leur sport.


Quelques uns réussissent très bien par les contrats avec leurs sponsors ou de publicités, mais les élus sont peu nombreux !


Alors pour moi, être sportif de haut niveau et vivre de cette activité n'était pas envisageable, sans préparer un projet professionnel à coté."



Une organisation quasi impossible


Pour ma première année de fac j'ai dû organiser mon planning en fonction des horaires d'entraînements, à raison de deux entraînements par jour :

-  de 6h à 9h le matin

-  de 14h30 à 17h l'après-midi.

J'étais à Fontainebleau et mes cours sur Paris.


Sachant qu'il faut environ 1 heure pour aller de Fontainebleau à Paris, concrètement je ne pouvais assister qu'aux cours entre 12h et 15h. Par conséquent je faisais mon deuxième entraînement le soir avec un groupe où ma coach n'intervenait pas. Et j'étais la seule de mon groupe à être étudiante à la fac, les autres ayant arrêté leurs études.


J'ai senti une vraie incompréhension entre ma coach et moi, notamment parce qu'elle ne pouvait pas admettre que je sorte plus tôt de l'entraînement pour prendre le train et aller en cours.

Elle ne pensait qu'aux performances sportives et non à moi en tant qu'être humain avec des besoins et des désirs. Et ce que je voulais c'était concilier sport et études.


Ce qui a été douloureux pour moi c'est de n'avoir comme proposition par mon entourage sportif qu'une possibilité, celle de continuer le lycée à domicile dans un premier temps avec des cours à distance par le CNED, puis purement et simplement d'arrêter lorsque je suis passée aux études supérieures. J'ai décidé de ne pas accepter cette proposition et de rester au lycée.


J'ai aussi eu un sentiment d'abandon car personne, mis à part ma famille et mon entourage qui m'ont beaucoup épaulée, n'était là pour m'aider et m'accompagner pour faire les démarches et trouver des financements pour mener à bien mon projet double : continuer de nager à haut niveau et progresser, et construire en même temps mon projet professionnel pour "l'après".



Charlyne aux championnats d'Europe à Hoorn (Pays-Bas-2016)

L'obligation de faire un choix ?

Alors franchement est-ce possible de continuer de prendre du plaisir aux entraînements avec des résultats qui s'améliorent tout en construisant son avenir professionnel ?

Certains, peu nombreux, réussissent ce challenge. On pense bien sûr à Laure Manaudou et à son frère Florent Manaudou !


Mais pour quelques élus, combien restent sur le bord de la route ?


Je ressens une réelle frustration parce que à mon avis, le système éducatif français n'a pas intégré les besoins et les désirs de tous ces sportifs de haut niveau qui donnent tant au sport qu'ils aiment et qui ont en même temps l'envie très forte de se construire en tant qu'êtres humains et responsables pour vivre pleinement dans la société, avec une activité professionnelle dans laquelle ils s'épanouissent.


Finalement j'ai dû faire un choix et arrêter la natation pour consacrer tout mon temps à mes études.


Je ne me sentais pas assez considérée par ma coach au regard des sacrifices que je faisais.

Mais sincèrement, j'aurais aimé être en mesure de continuer la natation à haut niveau ET d'entreprendre des études supérieures.


J'aurais beaucoup aimé avoir la chance de rencontrer des personnes qui m'accompagnent pour la réussite de mon double projet !



Depuis septembre dernier, Charlyne se consacre uniquement à sa Licence "Information et communication" à Paris 8 (Saint-Denis)

Sportifs, entreprises, écoles, cet article vous parle ? Vous souhaitez vous exprimer et nous faire part de votre expérience ?


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Charlyne Secrestat & Caroline Amiand

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