Rechercher
  • Collectif des Sportives

Article #3 : Rugbywoman et femme active : une utopie ?


Marjorie Mayans égérie de la marque BMW et joueuse à VII et à XV Crédit photo : BMW SPORT EXPERIENCE / FFR

Enquête auprès des 8 capitaines des équipes élites

Les 8 capitaines ainsi que leurs coéquipières se sont prêtées au jeu des questions/réponses afin de vous faire découvrir leurs univers pas toujours évidents à concilier avec leur vie professionnelle.

             

Quel(les) études/travail faites-vous en parallèle du championnat ?



Mettez-vous parfois en péril vos études au profit du rugby ?

« Il m'est régulièrement arrivé de partir en compétition en période de partiels et donc d'être directement aux rattrapages »


« Quand j'ai signé dans ma première boîte j'étais en équipe de France. Au bout de 2 mois j'ai demandé 15 jours de congés sans solde pour faire le Tournoi des VI Nations et ça m'a été refusé. »

« J'ai un emploi du temps qui s'adapte plutôt bien aux horaires d'entrainements et de matchs mais il est vrai que parfois la préparation des cours passe après le rugby »



Pensez-vous que vos entraineurs sont compréhensifs et qu’ils s’adaptent à votre EDT ? 

« Quand je suis absente ils râlent mais comprennent que je n'ai pas le choix »
« On a le droit d'être absent, mais on prend le risque de ne pas jouer »


Arrivez-vous à garder du temps pour vous et à vous épanouir socialement en dehors du rugby ? 


« On doit toujours faire attention pour éviter les blessures »

« C'est compliqué de voir d'autres personnes ou même sa famille quand on s'entraîne 5 fois par semaine »

« Le rugby fait partie d'un cercle social varié et riche donc la note est positive » 

Cette enquête non exhaustive nous permet de mettre en évidence la difficulté des joueuses pour réaliser leur double projet. Celles qui s'en sortent le mieux sont celles qui disposent et d'un statut de Haut Niveau et d'une université ou école arrangeante en la matière. Cela leur offre la possibilité d'étaler leur année sur deux ans ou de décaler leurs semaines de partiels en fonction des compétitions. Mais ceci touche majoritairement les joueuses en EDF et non l'ensemble des filles qui évoluent dans la division élite et réalisent aussi d'énormes sacrifices.

Nous observons par ailleurs que les entraineurs dans la globalité sont plutôt compréhensifsconcernant les absences. Mais chacune d'entre elles et ce quelle que soit la raison entraîne en conséquence la non titularisation au match suivant.


Côté social, les joueuses confient à l’unanimité n'être entourées majoritairement que d'autres rugbywomen. 



UN AVENIR OPTIMISTE ? 

La quasi-totalité des filles pratiquant le rugby, excepté 18 joueuses, possède le statut amateur. En ce sens, elles ne disposent d'aucunes sources de revenu découlant de manière directe de leur pratique. Quelles sont les solutions qui leur permettent à la fois de jouer à leur meilleur niveau et d'assurer leur avenir professionnel ?

On l'a évoqué, certaines écoles et certaines facultés proposent aux étudiantes inscrites sur les listes ministérielles de posséder le Statut SHN (de haut niveau). Cela leur permet d'aménager leur EDT mais aussi de toucher une certaine somme fixée à l’année, dépendante des moyens de la Région. La région Centre-Val-de-Loire donnerait une centaine d’euros à ses sportifs alors que les Hauts-de-France alignerait 1200 €. Néanmoins ce cas particulier ne couvre pas la totalité des joueuses de la division élite. La plupart des joueuses doivent donc travailler en parallèle de leur pratique et leur vie professionnelle. Pas facile, compte tenu de leurs absences à répétition pour les compétitions nationales, internationales et les stages.

L’avenir pour ces joueuses est optimiste car de plus en plus d'initiatives voient le jour pour les aider dans la réalisation de leur double projet. 

Les actions des entreprises et des régions 

D'abord au sein des entreprises. C'est le cas de l'entreprise LJA “Ladies Are Just Amazing” créée en 2015, elle se compose de deux rugbywomen Alexandra Pertus et Laura Di Muzio toutes deux évoluant aujourd'hui dans le club du LMRCV. Elles forment un véritable tandem et apportent chacune leurs connaissances du haut niveau puisqu'elles ont vécu l'expérience de l'équipe de France. Au côté de ce duo on retrouve Jannick Jarry, conseillé en développement marketing et commercial. 




De Gauche à droite : Laura Di Muzio, Jannick Jarry, Alexandra Pertus

 LJA est spécialisée dans 3 domaines. D'abord l'intervention en entreprise, c'est à travers les 69 conférences et team-building qu'elles ont réalisés, qu'elles ont pu partager leur vision du collectif. Mais là où réside la priorité de LJA est dans l'accompagnement des sportifs et des clubs : les aider dans la gestion de leur carrière. Pour les joueuses cela se traduit entre autres par la recherche de sponsors. Ainsi, l'ailier de l'EDF Shannon Izar a pu signer en 2016 un contrat publicitaire pour la Société Générale aux côtés de Virimi Vakatawa rien que ça... 




De Gauche à droite : Laura Di Muzio, Marine Ménager, Shannon Izar, Jannick Jarry, Romane Ménager, Alexandra Pertus Crédit photo : LJA

L'accompagnement des clubs réside là aussi dans la recherche de partenaires ainsi que dans la création d'événements sportifs. Qu’elle ait eu un rôle prédominent ou un rôle d’accompagnement, LJA a impulsé la signature de 6 nouveaux partenaires en 2017.


Le LMRCV s’appuie également sur Laurent Vitoux, ingérieur de formation, anciennement en charge de sponsoring sportif chez Orange. A son arrivée le club comptait 7 partenaires.


Aujourd’hui ils sont une vingtaine. Le secret ? Le développement du sponsoring privé au sein du club.

Par ailleurs, cette volonté d'impliquer les entreprises dans l'amélioration de la gestion du double projet est aussi une idée reprise par les régions. Les Hauts-de-France sont novatrices en la matière. Le 25 novembre dernier, la vice-présidente de la région était fière d'annoncer devant la ministre des Sports la mise en place d'un nouveau dispositif profitant à la fois aux athlètes et aux entreprises. L'idée est de permettre aux entreprises de recevoir une réduction fiscale dès l'instant où le sportif signe un contrat d'image avec l'entreprise. Mais la région ne se limite pas à ce simple dispositif. En se rapprochant des entreprises elle a permis entre autres la création de contrats pros et de pactes de performances.

Jimmy Gressier qui vient d'être sacré champion d’Europe espoirs de cross a ainsi pu signer un contrat avec la Caisse d'Epargne. Parallèlement il a pu effectuer son BTS en deux ans, toucher un salaire et enfin s'entrainer pour être toujours plus performant.


Si cet exemple ne traite que des athlètes la région a fait part de sa volonté de signer “20 contrats pour 2020”. Pour cela elle démarche auprès de nouvelles entreprises afin que chaque sportif puisse s'insérer dans le secteur professionnel qui lui convient.


Des solutions sont en cours d'élaboration et n'affectent pas que le rugby. L'objectif ici est de montrer qu'il y a une forte demande de la part des joueuses mais aussi des sportifs en général, qui n'attendent que les entreprises. 



L’intervention de la ministre des Sports 


La ministre des Sports, Laura Flessel, s'est elle aussi déjà entretenue sur le sujet du double projet. Elle a demandé à Claude Onesta de travailler sur ce qu'elle appelle “la Haute performance”. Pour permettre aux sportifs d'arriver à l'instant T dans les meilleures conditions en alliant un triple projet (en y ajoutant le respect des valeurs).


L'idée peut être ainsi résumée en une phrase : mettre en place une offre qui répond aux besoins de tous les sportifs. Son principal projet repose sur “les aides personnalisées”.

Alors qu'est-ce que c'est ?


Ce sont des aides qui permettront de suivre tout sportif inscrit sur les listes ministérielles pendant 4 ans et ce indépendamment des blessures ou échecs. En vue de leur assurer une sérénité sur le plan financier afin qu'ils n'aient en tête que l'objectif de la gagne. Le lancement devrait débuter début 2018.

Affaire à suivre... 



Les projets de la Fédération Française de Rugby 


La fédération a elle aussi pris des engagements. Comme l'obligation de créer une section féminine dans tous les clubs professionnels. Cela doit servir un double objectif, celui de permettre un développement économique du rugby féminin mais aussi d'améliorer la reconnaissance de ce sport.


Par ailleurs, l’année dernière la FFR a augmenté l’indemnité journalière de 150 (pour une sélection durant le Tournoi des 6 nations) à 688 euros. Le titre devait également leur rapporter 16 000 euros. Alors que l’équipe masculine pour un même résultat aurait touché 88 000 euros ! Une explication probable tiendrait dans les partenaires « officiels » de l’EDF féminine... inexistants. Elle peut tout de même compter sur cinq partenaires majeurs (Orange, GMF, Société Générale, BMW et Adidas), mais ces derniers profitent de leur image sans reverser un seul centime à la FFR et aux joueuses. 

Si aujourd’hui le rugby féminin commence à émerger sur le plan médiatique, les joueuses doivent encore apprendre à composer seule pour gérer leur carrière et leur vie professionnelle. Pour autant elles ne souhaitent pas être rémunérées autant que les garçons car elles préfèrent garder une activité en parallèle de leur pratique. Des solutions sont en cours d’élaboration pour faciliter leur quotidien mais la route est encore longue... 



Mélanie Guiraud,

Etudiante en journalisme & joueuse au LMRCV

14 vues
DELPHINE 
JARIEL

Voile

PORTRAIT DE LA SEMAINE 
  • Noir Icône YouTube
  • Black Facebook Icon
  • Black Twitter Icon
  • Black Instagram Icon
  • LinkedIn - Black Circle

© Le Collectif des Sportives

lecollectifdessportives@gmail.com

31000 TOULOUSE

0674973177

Contactez-nous

decathlon.jpg
bnp.jpg
axa.png
sncf.png
regiojn occitanie.png
conseil departemental.png
cryo control .jpg
café oz.jpg
stratégia_avocats_edited_edited.jpg