CÉLIA MERLE : "J’AVAIS L’IMPRESSION DE DEVOIR MONTRER PLUS QUE LES AUTRES"




Si l’année 2020 a chamboulé le monde du sport, l’ambition de Célia Merle est restée intacte. La préparation de la saison à venir se fait dans le flou, mais la triathlète de 21 ans est bien décidée à continuer sa progression dans l’univers exigeant de sa discipline. « Notre saison reprend en mars, donc quoiqu’il se passe d’ici là on sait qu’on est sur une période où on doit faire du volume et s’entraîner », précise la jeune femme. Avec les Championnats du monde Espoirs dans le viseur, la native de Clermont-Ferrand compte sur 2021 pour se faire sa place dans le triathlon international.




LE TRIATHLON, UNE AFFAIRE DE FAMILLE


En sport, Célia Merle a suivi les traces de sa grande sœur Audrey, championne du monde en relais mixte en 2015 et sélectionnée aux Jeux olympiques 2016. Après avoir atteint le haut niveau en natation, la cadette fut attirée par la pratique des sports enchaînés. « J’ai accompagné ma sœur sur ses premières compétitions et c’est un univers qui m’a beaucoup plu, plus en lien avec la nature. Au bout de dix ans passés dans les piscines, à voir les carreaux au fond de l'eau, mon choix a été rapidement fait. »

À 15 ans, Célia Merle rejoint alors sa grande sœur à Montpellier et devient championne de France d’Aquathlon (natation et course à pied, ndlr.) après seulement deux mois de préparation. « Je suis arrivée et c’était clair, je savais que je voulais gagner ». Une détermination forgée par un événement survenu cette même année : « J’avais fait mon dossier pour intégrer la structure de triathlon et j’ai été refusée. Alors je me suis dit que j’allais remporter les championnats de France ». Ce pari gagnant lui a alors ouvert les portes de l’équipe de France. Pourtant, Célia Merle était loin d’être la favorite sur la ligne de départ. « J’avais l’impression de devoir montrer plus que les autres. Aujourd’hui, je suis intégrée au projet et je leur en suis vraiment reconnaissante ».



L’ANNÉE 2021 POUR PASSER UN CAP


Pour sa troisième année chez les espoirs, la jeune athlète veut se qualifier aux Championnats du monde Espoirs 2021 de triathlon pour marquer les esprits. Ses deux saisons précédentes n’ont pas été un long fleuve tranquille. D’abord 2019, une année de transition compliquée. Puis 2020 n’a malheureusement pas été plus favorable : « Je me suis dit que 2020 c’était pour moi, mais on n’a pas eu une seule compétition internationale. Je n’ai pas eu accès à une piscine pendant 3 mois, c’était très inégal entre les athlètes. C’est dur de se projeter, on voit souvent loin et depuis le confinement on est obligés de vivre au jour le jour ».


Une année floue qui a alors permis à la jeune femme d’avancer côté études. Elle a en effet validé une licence STAPS « entraînement sportif » au mois de juin dernier. Une réussite qu’elle doit à un cadre familial propice mais aussi à des aménagements sport-études. Maintenant que cette étape passée, Célia Merle souhaite retarder son entrée en master pour se focaliser à 100% sur l’année sportive à venir, qui sera bien chargée.






« JE VOULAIS ÊTRE LA MEILLEURE, MAIS PAS QUE DES FILLES »


Pour parvenir à ses fins, elle compte bien s’appuyer, comme toujours, sur les valeurs que lui a transmis le sport : « beaucoup de rigueur et de mérite, je sais que le travail finit toujours par payer, j’ai le caractère que j’ai grâce au sport ». Un caractère forgé dans la cour d’école, lorsque Célia Merle voulait battre tout le monde, filles comme garçons : « J’ai toujours eu ce côté compétitrice, je voulais être la meilleure, mais pas des filles. Si j’étais deuxième derrière un garçon, je boudais ». Désormais adulte, la triathlète n’accepte pas le fait que les athlètes hommes soient souvent mieux considérés : « C’est en progression mais ce n’est pas encore parfait. Il y a encore des courses en France où la prime du meilleur garçon n’est pas égale à celle de la meilleure fille, et je ne prendrai jamais le départ d’une course comme ça. Il y a une progression dans la médiatisation du sport féminin mais l’inégalité reste financière ». L’aspect financier peut en effet rapidement devenir un frein, notamment dans des disciplines coûteuses comme le triathlon. « Je dépense plus d’argent à l’année que ce que j’en rentre. Puis c’est un sport qui demande tellement d’heures d'entraînement que je ne peux pas travailler à côté. » Pour autant, la Montpelliéraine d’adoption a de bons espoirs de voir la

situation des athlètes féminines s’améliorer à l’avenir, notamment aidées par des initiatives comme le Collectif des Sportives : « quand on est une fille, sportive, de la région, l’idée ne peut que nous séduire ».



PORTRAIT BY AXEL BERNET.

245 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout