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[PORTRAIT] Ayodele Ikuesan, fonceuse professionnelle.


On dit souvent qu’on reconnaît les grandes championnes à leur force de caractère. Pour arriver au sommet, Ayodelé Ikuesan a dû essuyer les remarques, les difficultés à trouver une piste d’athlétisme du côté de Marcadet-Poissonniers, dans le 18e arrondissement de Paris, puis à allier études, travail et sport de haut-niveau. Mais tout ça disparaît quand, une nuit d’été russe, elle devient pendant quelques heures vice-championne du monde du relais 4x100m.



Parcours de combattante


Rembobinons. Ayodelé a 10 ans et son école primaire a un vrai professeur d’EPS. La chose est rare, en école primaire. C’est son premier contact avec l’athlé, et la jeune fille aime déjà. Au collège, l’envie de prolonger l’aventure est grande, mais il n’y a qu’un club de basket. Qu’à cela ne tienne, elle s’y inscrit mais ne brille pas vraiment. Par chance, ses parents déménagent juste à côté de Championnet Sports, un club omnisport dans le 18e arrondissement de Paris. « On a découvert ça par hasard, c’est comme ça que j’ai vraiment pu commencer l’athlétisme ».

La Parisienne s’y entraîne chaque semaine pendant toute son adolescence, avant de faire une licence de sciences fondamentales à l’Université Pierre et Marie Curie à Paris VI (Jussieu) et d’entrer à la KEDGE Business School, où elle ne se cache pas derrière son statut de sportive de haut niveau. « Je ne voulais pas dédoubler mes années, comme je pouvais le faire, car une fois en apprentissage ça aurait été beaucoup plus compliqué à organiser. » Alors elle prend sur elle et s’entraîne le soir, après une journée complète de cours, se débrouille pour les compétitions, s’appuie sur son tuteur. Une manière de ne pas prendre du retard pour rester la plus rapide sur la piste.


Son diplôme en poche, Ayodelé continue de faire face aux difficultés. « Les entreprises aiment les sportifs de haut-niveau mais ont beaucoup de mal à les intégrer. J’ai passé deux ou trois ans à chercher un mi-temps pour avoir ma carrière sportive à côté » avant de se résigner à prendre un temps plein et retrouver les entraînements du soir. Alors elle décale ses heures de travail pour s'entraîner en fin d’après-midi.






Conjuguer l’athlétisme au féminin


Ces sacrifices ne sont pas vains, et Ayodelé se forge un palmarès conséquent au fil des années. Elle intègre rapidement l’équipe de France et brille particulièrement avec le relais 4x100m, participant à deux olympiades (Pékin et Londres), prenant une médaille d’or aux Jeux méditerranéens de Pescara et un titre de vice-championne d’Europe à Zurich en 2014. Mais son plus beau souvenir est ce qui paradoxalement restera comme une injustice : l’argent perdu à Moscou aux championnats du monde 2013. Alors que les Françaises savourent leur podium, les Anglaises posent un recours auprès des juges. La France est disqualifiée pour un passage de témoin hors-zone, entre Ikuesan justement et Soumaré. « On l’a appris plusieurs heures après, ça génère beaucoup d’incompréhension » surtout que la réclamation des britanniques était hors délai. Un peu de mesquinerie de la part des juges ? « On avait beaucoup travaillé, on n’était pas attendues, c’était une grosse surprise » de terminer devant les Américaines, excusez du peu.


Plus que pour elle-même, Ayodelé est déçue pour le sprint court féminin qui aurait été boostée par cette médaille mondiale. « C’était une médaille encourageante, qui amène la lumière des médias, une dynamique. On espère retrouver ce niveau un jour. » Ce sera sans doute plus facile avec l’évolution des mentalités. En dépit d’une égalité de traitement dans les compétitions qui mettent toujours en parallèle les épreuves masculines et féminines, être une femme athlète n’est pas si simple. « C’est surtout dans l’accompagnement, tout ce qui se passe autour : les regards, les discours décourageants. Plus jeune, on sert le cliché qui dit qu’entraîner une fille c’est plus compliqué, passé trente ans on te fait comprendre qu’il serait temps de passer à autre chose… » Mais les choses évoluent, les double-projets mieux acceptés, les retours de maternité aussi. « Les sportives prennent de plus en plus la parole, et sont relayées par les médias. C’est bien, ça permet aux jeunes de s’identifier. »


Elle-même a décidé de s’engager dans cette démarche auprès du Collectif des Sportives, qu’elle a découvert « par hasard, lors d’une intervention de Maëva Danois ». Par curiosité, elle a voulu en savoir plus et s’est greffée à des réunions sur les besoins des sportives. « La démarche est intéressante, il n’y a jamais trop d’initiatives » pour soutenir le développement du sport féminin, souffle la jeune maman, à la vie décidément bien remplie.


Portrait réalisé par Xavier Renier.



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