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[PORTRAIT] Chloé Michel : "On peut faire de belles choses sans vouloir être championne du monde"


Être dans les temps. C’est cette irrésistible obsession qui a toujours guidée la vie de Chloé Michel, tant sur la piste qu’en dehors. Cette question de timing se retrouve dès le moment où elle découvre une passion qui ne l’a jamais quittée depuis : le roller. Alors que toutes ses amies passaient leur temps-libre sur les pistes de danse, elle n’a d’yeux que pour une autre piste : celle de béton où les roulettes remplacent les ballerines. Par hasard ou presque donc, elle enfile les patins à l’âge de neuf ans. "Pas toute jeune, mais ni trop tôt, ni trop tard pour le haut-niveau" aime à dire cette Nantaise de naissance.

Dans son club de Bouaye (Loire-Atlantique), Chloé Michel s’adonne à la course et à la vitesse en faisant preuve d’un don évident pour la discipline. Ses performances lors des championnats régionaux et nationaux lui octroient ses premières sélections avec l’équipe de France dès l’âge de seize ans. Très vite, la Française se voit donner la chance de représenter son pays à l’international. Après notamment une médaille d’argent aux championnats d’Europe junior, la patineuse a la chance de s’envoler pour les mondiaux junior de Taïwan dont elle garde un souvenir mitigé. "C’était une super expérience. Avec tous les athlètes de nations différentes qui se mélangeaient, il y avait une ambiance vraiment spéciale. A titre personnel, une blessure aux adducteurs m’a empêchée de défendre mes chances en finale… C’est frustrant, mais c’est comme ça", poursuit-elle avec philosophie.




Blessures, burn-out et résurrection


De la philosophie dans l’adversité, la sportive en a souvent eu besoin jusqu’à aujourd’hui. Alors dans la forme de sa vie, Chloé Michel a vu son élan progressivement freiné par les blessures. Entre les lésions musculaires à répétition et les fractures, la jeune nantaise a connu nombre de coups durs qui ont mis son mental à rude épreuve. "J’ai fini par être en burn-out total. J’avais la boule au ventre en enfilant les patins, je ne prenais pas de plaisir… Je me suis battue psychologiquement avec moi-même pour aimer le roller à nouveau", confie-t-elle douloureusement.

Le plaisir désormais retrouvé et les performances revenues, Chloé Michel aborde la reprise de la saison avec confiance. La période particulière du confinement a permis à son corps de récupérer des chutes et des blessures. Malgré l’incertitude qui règne sur la tenue des championnats, elle ne perd pas des yeux ses objectifs, toujours élevés. "C’est difficile de se projeter en ce moment. Les Europe ont été annulés, les Monde pourraient suivre le même chemin… Mais mon objectif reste avant tout les championnats de France". Elle espère retrouver toutes ses sensations d’ici-là pour enfin s’exprimer pleinement sur la piste.


Un double-projet plaisant mais difficile à mener


Loin des aspirations toujours plus exigeantes que génère le sport de haut-niveau, Chloé Michel garde les pieds sur terre. Pour elle, le roller ne doit pas lui faire perdre de vue le double-projet qu’elle mène depuis l’adolescence. Censée être diplômée en juillet prochain, elle suit toujours des études de management du sport qui la passionnent. "L’université me permet de voir autre chose que le roller. Je me suis rendue compte qu’on peut faire de belles choses sans vouloir être championne du monde. J’ai de la chance de prendre énormément de plaisir en dehors des pistes. C’est moins compliqué de faire des choix entre les deux".

Jusqu’à peu, Chloé Michel a recherché un équilibre difficile à trouver. Toujours très à cheval sur l’importance des études, elle a parfois eu l’impression de faire les fruits de cette situation ambivalente. "Des fois, j’ai eu l’impression de subir mon choix de parcours scolaire. J’avais l’impression qu’on ne me trouvait pas assez investie dans mon sport à cause des cours, ce qui m’a fait parfois me sentir seule dans mon projet", regrette-t-elle. Dorénavant, elle a choisi entre les deux sans non plus laisser tomber le roller. "Je donne la priorité à l’aspect professionnel car il est impossible de vivre du roller malheureusement. Pour autant, je vais essayer de continuer encore longtemps malgré tout !".






"Les femmes ont longtemps manqué de figures, de modèles auxquels s’identifier"


Chloé Michel a toujours été une observatrice attentive de l’évolution du sport féminin en France. Tant pour le monde du roller qu’ailleurs, elle livre une analyse positive sur son évolution : "A mon sens, les femmes ont longtemps manqué de figures, de modèles auxquels s’identifier. Cela contribuait à un manque d’ambition général, y compris au sein des équipes de France. Mais je pense que cette époque est révolue, surtout dans le roller où, du côté des fondeuses, Clémence Halbout et Marine Lefeuvre ont ouvert la voie".

Aujourd’hui à la Ligue de football des Pays de la Loire, la patineuse œuvre à son humble échelle pour le développement du ballon rond féminin. A cet égard, elle loue l’action du Collectif des sportives dont elle partage l’objectif. "C’est une belle idée qui permet d’encore plus dynamiser notre sport féminin en général. Avec une approche assez simple mais qui permet de mettre en valeur les sportives, le projet est très complet !".


Portrait by Andoni Ospital.


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