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[PORTRAIT] - Delphine Jariel : « La voile est un milieu très masculin… Il faut que ça change ! »



Au-delà d’avoir été spéciale sportivement et humainement, l’année 2020 marque un grand tournant dans la carrière de Delphine Jariel. Tout juste auréolée d’une cinquième place lors des Championnats de France Elite, la jeune windsurfeuse se lance dans une « nouvelle aventure », comme elle le dit elle-même, afin de poursuivre l’objectif ultime de sa carrière : les Jeux Olympiques de 2024 en France. Une nouvelle étape parmi les plus dures que la Montpelliéraine est connue puisqu’elle va devoir remettre totalement en question sa manière de pratiquer le sport de sa vie.



« J’ai décidé de vraiment repartir à zéro »


« En novembre dernier, nous avons appris que pour les JO 2024, le support de la planche allait fondamentalement changer. Pour m’adapter, jai donc décidé de vraiment repartir à zéro, en changeant totalement de support et basculer en kitefoil, cest un support qui mattire aussi beaucoup. Je nai aucune expérience, cest tout nouveau, je ne sais pas ce que cela va donner mais l’idée de maitriser différents supports me plaît beaucoup », explique Delphine Jariel.

Mais avant ce virage pris par le windsurf mondial, la Montpelliéraine avait de l’expérience à revendre. Onze années après avoir guidé sa première planche sous les conseils de sa mère, passionnée par la voile, le palmarès de la jeune femme a de quoi impressionner. Championne de France dès ses débuts dans les catégories minimes, Delphine Jariel a parcouru toutes les catégories de jeunes jusqu’aux séniors, en se plaçant parmi les plus grandes espoirs du windsurf français.



Une rentrée forcément particulière mais cruciale


Vice-championne de France en 2016, elle était la troisième meilleure française aux Mondiaux ISAF d’Aarhus (Danemark), où elle s’était surpassée pour atteindre le 24e rang planétaire. Ces championnats du monde restent pour elle un souvenir magnifique, le plus fort de sa jeune carrière. « Javais passé une année compliquée entre cours et entrainements, je navais pas été très performante sur les compétitions. Et lors de ce championnat je me suis transcendée, je n'ai jamais fait daussi bonnes manches à ce niveau. Je me suis révélée sur cette compétition alors que je ne pensais pas que je pouvais y arriver ».

Alors, à 22 ans, pour toutes les raisons évoquées plus haut, Delphine Jariel aborde une année cruciale de sa carrière. Malheureusement pour elle, les meilleures conditions ne sont pas réunies, notamment du fait du contexte sanitaire particulier qui rythme désormais la vie de sportives du monde entier. « La rentrée est forcément différente comparée aux autres années, il faut sy habituer. Pour linstant, seules quelques compétitions nationales sont maintenues, mais je ne sais pas vraiment ce que cela va donner pour 2021 », confie la windsurfeuse qui partage la vie du décathlonien Kevin Mayer.



La kinésithérapie, sa seconde passion


Si la pandémie contraint à nouveau Delphine Jariel à ne plus naviguer, comme ce fut le cas pendant le confinement, elle pourra toujours se concentrer sur sa seconde passion : ses études de masseuse-kinésithérapeute. « Jaime beaucoup ce métier, et si tout se passe bien dans un an je serais diplômée de l’école de Montpellier », se réjouit-elle. Comme sur la planche à voile, et malgré un statut de sportive de haut-niveau, la jeune femme a décidé de ne pas perdre de temps : « J’ai préféré ne pas dédoubler mes années d’études pour pouvoir être diplômée au plus vite. Cela na pas été simple de concilier les deux, mais ça me permettra d’organiser mon temps comme je le souhaite, et passer plus de temps sur leau pour gagner en niveau ».



« Sans mes sponsors, je pense que j’aurais arrêté… »


Des études, par choix donc, mais aussi par contrainte d’une certaine manière. Comme c’est le cas pour de nombreux sports, le windsurf permet difficilement, même à ses meilleures pratiquantes, d’en vivre. « Très peu de filles peuvent vivre de leur passion dans le windsurf, il faut avoir atteint le meilleur niveau mondial et être très forte en communication. Pour ma part, je n’ai jamais voulu que cela représente une pression supplémentaire lors de mes compétitions. Je n’ai pas envie de me dire ‘si tu ne réussis pas tu nas rien’. ».

Malgré des réseaux sociaux, dont Instagram suivi par des milliers de followers, et des résultats de premier rang, il lui a été très difficile de trouver des sponsors… pourtant essentiels à une carrière dans le windsurf selon la Française. « C’est très compliqué dans un sport aussi peu médiatisé que la voile. Il y a deux ans et demi, jai enfin trouvé deux sponsors, que sont la Banque Populaire du Sud et le Super U de Magland. Sans eux je pense que jaurais déjà arrêté, cest un sport qui coûte cher, ils mont permis de continuer ma passion ! »



« C’est important de faire comprendre aux futures générations que nimporte quelle fille peut faire de la planche à voile »


Interrogée sur la vision qu’elle porte du windsurf actuel, Delphine Jariel se livre sur un manque de féminisation du circuit mondial, en plus des difficultés qu’elle a personnellement rencontrées durant sa carrière. « La voile est un milieu très masculin, comme on peut le voir sur des épreuves en solitaire comme le Vendée Globe où il y a très peu de filles sur la ligne de départ. Il est donc difficile de mettre les femmes en lumière… Il faut que cela change ! ».

Pleine d’espoirs, le beau message qu’elle délivre au Collectif des Sportives est à montrer à toutes les petites filles : « Cest un sport qui est considéré comme difficile daccès, extrême. Mais il est important de faire comprendre aux futures générations que nimporte quelle fille peut faire de la planche à voile, tout le monde est capable den faire ! ». Dans cette même optique, Delphine Jariel loue l’action du Collectif qui « permet de mettre en lumière le sport féminin, de proposer des solutions, de rencontrer des sportives dans le même cas et de pouvoir nous inspirer de leur parcours. Il faudrait beaucoup dassociation comme le collectif des sportives ! »


Portrait by Andoni Ospital

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DELPHINE 
JARIEL

Voile

PORTRAIT DE LA SEMAINE 
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