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[PORTRAIT] Emilie Morier : "Je prends ce report des Jeux comme une chance ! "


Une histoire de kilomètres. C’est ce que Emilie Morier parcourt tous les jours de sa jeune vie, mais c’est aussi ce qui l’a amenée à se tourner vers le triathlon. En effet, quand sa sœur, Pauline, émet le souhait de faire de l’athlétisme, la famille Morier est embêtée. Le club d’athlétisme étant trop loin, l’aînée devra aller au club de triathlon situé à côté du domicile familial. Encore enfant, Emilie regarde sa sœur avec admiration et en prend de la graine.

A l’âge de 7 ans, elle décide elle aussi de se lancer dans le grand bain. Son aventure démarre alors dans le Tricastin Triathlon Club, à Saint-Paul-Trois-Chateaux (Drôme). Comme pour sa sœur, Emilie Morier peut compter sur l’accompagnement de ses parents, qui veillent à ce que leur fille s’épanouisse en faisant ce qu’elle aime. Devant ses capacités au-dessus de la moyenne, l’adolescente opte définitivement pour le triathlon et stoppe le hockey-sur-gazon quand elle arrive en minimes. Ce choix est payant puisque la jeune sportive est vite repérée par la Fédération française de triathlon.

Brillante représentante de la France du triathlon à l’international

Après des premières sélections convaincantes, Emilie Morier est prise dans la délégation française qui s’envole pour les Jeux Olympiques de la jeunesse en 2014. A Nankin, en terres chinoises, l’athlète originaire de la Drôme empoche deux médailles : le bronze en individuel et l’or lors du relais mixte. "C’est un souvenir vraiment mémorable. Surtout le relais mixte puisqu’on était mélangés dans une équipe européenne, on devait communiquer en anglais pendant l’effort, c’était sympathique", se souvient-elle. Âgée d’à peine 18 ans, cet épisode olympique la convainc de continuer le triathlon à haut niveau. La même année, elle pose ses valises à Montpellier où elle intègre le pôle France.

Là-bas, elle s’entraine dur pendant quatre années, mais en 2018, la Drômoise décide de prendre un tournant dans sa carrière."Au pôle France, on nous apprend beaucoup la rigueur de tous les instants. Mais, au bout d’un moment, j’avais besoin de reprendre mon projet sportif en main, de m’améliorer spécifiquement en natation", explique-t-elle. La triathlète quitte non sans regrets ses concurrentes et amies de l’équipe de France, et reste sous le soleil de l’Hérault. Emilie Morier monte un projet centré autour d’elle, avec un staff technique entièrement tourné vers ses performances.

Le report des Jeux à 2021 ? Loin d’être un problème

La stratégie choisie est alors la bonne. En plus de retrouver un plaisir quotidien à l’entrainement, Emilie Morier signe une saison 2019 sensationnelle. Lors des championnats du monde des moins de 23 ans, elle rafle la breloque d’or en individuel. Rebelote avec le relais mixte français aux championnats d’Europe et du monde élite. Elle finit l’année à la douzième place élite lors du Test Event au Japon, la grande répétition avant les Jeux Olympiques…

Sauf qu’entre temps, le coronavirus est passé par là et les Jeux sont repoussés à l’été 2021. En passe d’être qualifiée pour la grande messe du sport mondial, Emilie Morier a accueilli la nouvelle avec philosophie. "C’est sûr que le report chamboule toute notre organisation mais personnellement, c’est pas une si mauvaise chose. Ça me permet de gagner un an d’expérience et de préparation. Je monte en puissance, donc je prends ce report comme une chance". S’entrainant tous les jours malgré le confinement, la triathlète vise des médailles en individuel comme en mixte à Tokyo.


Professionnelle depuis peu, étudiante à ses heures perdues

L’année dernière a été un millésime dans la carrière d’Emilie Morier. Ses résultats à l’international lui ont permis d’attirer des sponsors. Ces derniers ayant décidé de l’accompagner au moins jusqu’aux JO de Paris 2024, elle peut désormais vivre totalement de sa passion. "Dans la vie d’un athlète, avoir un soutien financier de taille, c’est forcément rassurant. C’est un confort quand on veut se concentrer sur le sport et quand on voit le coût d’une saison", souffle la jeune femme de 23 ans. En effet, elle explique qu’il faut débourser près de 40.000€ chaque année quand on dispute le meilleur niveau mondial dans son sport.

Bien qu’elles soient mises entre parenthèses depuis quelques mois, Emilie Morier suit des études dans le secteur des activités physiques et sportives à Montpellier. En parallèle de sa préparation olympique, elle envisage de rejoindre une école de commerce à la rentrée qui lui permettrait de concilier ses deux projets, sportif et professionnel. Malgré l’accompagnement de ses partenaires, l’athlète pense déjà à l’après-carrière. "Je me vois bien faire carrière pendant sept ou huit ans, mais j’aimerais ensuite intégrer l’équipe de mes partenaires par la suite. Si possible, j’aimerais mettre à profit mon expérience et travailler au développement de nouveaux produits sportifs".




Toujours à la recherche de l’équilibre

Avec une vie aussi remplie, difficile de concilier ses différents projets et sa vie personnelle. Pourtant, Emilie Morier fait tout pour la préserver : "Je prends du temps pour voir mes amis, triathlètes ou non. Malheureusement, j’ai plus de mal à voir souvent ma famille car on n’a rarement le temps de rentrer à la maison. C’est difficile, mais j’y tiens malgré tout pour mon équilibre".

L’équilibre justement, c’est ce qui manque encore entre les hommes et les femmes dans le sport français selon elle. Il a fallu du temps à la sportive pour s’en rendre compte, car les écarts sont invisibles dans le triathlon. Sensibilisée par son amie Alexia Bailly, elle s’engage pour cette cause et salue l’initiative du Collectif des Sportives. "Aujourd’hui, c’est toujours positif de s’assembler plutôt que de lutter individuellement contre les inégalités dans le sport. Des progrès ont été faits, mais un fossé subsiste".

Portrait by Andoni Ospital.

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