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[PORTRAIT] Fiona Lecat : “Tout ce que je suis aujourd’hui, c’est grâce au sport”


Petite, Fiona Lecat observait son père courir sur les terrains, ballon ovale à la main. À l’âge de 5 ans, elle décide de se lancer à son tour. Elle enfile des crampons et rejoint le club de l’Entente de la Vallée du Girou, au nord de Toulouse. Une école de rugby où elle a pu évoluer au mieux avec des entraineurs consciencieux. « J’ai eu la chance de grandir avec des éducateurs qui aiment le rugby et qui sont dans cette volonté de transmettre», explique la jeune femme. À l’âge de 15 ans, Fiona Lecat souhaite alors concrétiser sa passion. Elle entre en sport étude au Lycée Jolimont de Toulouse. « Quand je suis rentrée dans un cursus sportif avec des entrainements quotidiens, j’ai commencé à considérer plus sérieusement un avenir dans le rugby », confie-t-elle.

Du Stade Toulousain à l’Équipe de France, les objectifs sont là Ayant su se démarquer tôt, Fiona Lecat a franchi les diverses étapes du pôle espoir avec brio avant d’intégrer l’Équipe de France féminine. Après avoir été capitaine de l’équipe des moins de 20 ans, elle fut appelée pour participer au Tournoi des 6 nations en 2018 avec l’équipe de France A féminine. C’est donc en Écosse qu’elle dispute son premier match avec le maillot des Bleus. Un match faisant partie des meilleurs souvenirs qu’elle collecte, tout comme la victoire du Grand Chelem de ce même tournoi au Pays de Galles « Ça a été pour moi comme une révélation où je me suis dit ‘’c’est pour ça que je m’entraine tous les jours’’», décrit avec émotions Fiona Lecat.

Depuis maintenant cinq saisons, elle évolue au poste de troisième-ligne au Stade Toulousain. Pour cela, la sportive possède le statut de semi-professionnel. Elle fait donc partie des 26 joueuses françaises de rugby qui ont la chance de posséder un contrat fédéral. Avec ce statut, « on est à 50% : donc on s’entraine 1 à 2 fois par jour minimum en individuelle ou en club ». Cependant, au niveau des clubs elles sont encore considérées comme amatrices. C’est pourtant au sein des club que les joueuses évoluent davantage. « Les objectifs internationaux découlent forcément des performances que l’on fait avec nos clubs », explique Fiona Lecat. Au Stade Toulousain, l’équipe féminine n’avait donc qu’un seul but en tête, être championne de France de rugby à XV. « Et si ce n’est pas pour 2020, ce sera pour 2021 », nous confie-t-elle.

Une joueuse de haut niveau future professeure de SES De nature très organisée, Fiona Lecat a toujours su mener de front sport et étude. Après avoir obtenu son bac ES en sport étude, elle a rejoint l’école privée du Stade Toulousain pour obtenir son BTS MUC. Aujourd’hui, elle souhaite devenir professeure de SES en lycée. Elle a donc intégrer un master MEEF pour préparer le concours du CAPES. Des études supérieures qui lui demandent beaucoup de travail mais qu’elle arrive à caler dans son planning sportif. « Je mets plus de temps qu’une personne lambda pour apprendre. Avec la fatigue des entrainements, j’ai une capacité de concentration plus faible. Donc je travaille davantage chez moi, comme ça je travaille à mon rythme. » Des journées bien millimétrées qui ne lui laisse pas le temps de s’ennuyer. Les objectifs professionnels et sportifs sont donc fixés. Et Fiona Lecat est bien décidée à poursuivre ses deux projets le plus longtemps possible. Mais cela dépendra de l’évolution du statut des joueuses de rugby. En effet, si elle obtient le CAPES, elle souhaiterait adapter son emploi du temps d’enseignante selon ses impératifs sportifs. Mais de nombreuses questions la traversent : « est-ce que d’ici là les contrats seront encore à 50% ? Est-ce que j’aurais encore un contrat ? Beaucoup de questions auxquelles je n’ai pas les réponses actuellement. » En tout cas, si les contrats restent tels quels, elle espère trouver un employeur qui lui permettra de travailler à mi-temps. « J’aurais peut-être moins de classes que mes collègues, mais je pense que le rugby ne sera pas contraignant dans mon boulot. »

Une fervente défenseuse du sport féminin Fiona Lecat est attachée à la place accordée aux femmes dans le sport. Mais pour elle, le sport féminin n’évolue pas assez vite en raison de sa faible visibilité. « Dans notre championnat on n’a que deux matchs qui sont diffusés dans l’année, c’est d’un ridicule », s’indigne-t-elle. Comme bloqué dans un cercle vicieux, le sport féminin stagne. Pour la joueuse, le problème majeur est le manque d’argent dont découle une faible médiatisation et des inégalités entre les joueuses. Ces dernières ne partent pas sur un pied d’égalité car elles ne sont pas toutes

reconnues au même niveau. « Au Stade Toulousain, on est le seul club, avec Montpellier, où des filles sont payées au mois et où on a beaucoup de choses à notre disposition pour nous entrainer. Mais pour la majorité des clubs du top 16, les filles sont livrées à elles-mêmes dans tout ce qu’elles font. » Aujourd’hui, il est donc essentiel que tous les clubs reconnaissent le statut de semi-professionnel aux joueuses. En attendant, personne n’avance à la même vitesse ce qui creuse des écarts de championnats. Autre problème : trop nombreuses sont celles à ne pas en vivre aujourd’hui et qui sacrifient leur passion. Le combat clé selon elle ? Soutenir les sportives dans leur double projet, et leur donner l’occasion d’y croire. Une idée qu’elle défend déjà auprès de jeunes cadettes qu’elle entraine bénévolement deux fois par mois, dans son ancien club. Elle passe plus de temps à discuter avec elles qu’à les entrainer : tout en les encourageant à poursuivre leurs objectifs sportifs, elle leur rappelle de garder les pieds sur terre. « L’idée du double projet c’est ce qui va encourager les femmes, c’est qui va leur faire dire que oui mener les deux de front c’est possible, ça se fait ! »

Portrait by Heather Cerf.

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