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[PORTRAIT] Gaëlle Hermet, en première ligne face au coronavirus



Depuis longtemps chez les Hermet, le dimanche a une odeur d’herbe fraichement coupée, et de terre piégée le long des crampons en fer. Pendant des générations, cette sensation singulière a été réservée aux hommes de la famille. Aujourd’hui, si cette tradition familiale perdure, c’est en partie grâce à une femme. "Chez moi, le rugby est une histoire de famille, presque une religion. Mon grand-père, mon père, mon oncle et même mon frère y ont joué. J’ai beau avoir testé plusieurs sports, j’étais destinée au ballon ovale", analyse Gaëlle Hermet.

Celle qui vient de souffler vingt-quatre bougies a passé la moitié de sa vie sur les terrains. Native de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Gaëlle Hermet a fait ses premiers pas sur le rectangle vert dans le Tarn, à Carmaux. Là-bas, elle fait ses premières classes au milieu des garçons avant de partir pour une équipe féminine dans le club voisin d’Albi. Douée, elle quitte le foyer familial pour Toulouse, capitale du rugby, où elle partage son temps entre le club de Saint-Orens et le pôle Espoirs de Jolimont. "C’est difficile de partir de chez soi à quinze ans. D’un coup je me suis retrouvé à l’internat, je n’étais pas prête. Aujourd’hui, je remercie mon père qui m’a beaucoup poussée, car rien ne serait arrivé sans lui".





Capitaine du XV de France à seulement 21 ans

Les durs sacrifices consentis durant l’adolescence se sont avérés plus que payants par la suite. A peine majeure, Gaëlle Hermet est recrutée par l’un des grands clubs féminins : le Stade Toulousain. L’arrivée de la troisième-ligne tarnaise coïncide avec l’envol de la section féminine : le club est passé de la seconde division aux sommets du championnat de France. En parallèle, la jeune joueuse connaît ses premières expériences en équipe de France, et convainc rapidement. A peine arrivée, elle se voit confier le brassard de la sélection et remporte le tournoi des VI Nations quelques mois plus tard. Précoce, la néo-toulousaine est devenue en peu de temps une figure incontournable du rugby féminin français et mondial, étant retenue par World Rugby parmi les cinq nommées pour le titre de joueuse de l’année en 2018.

Alors, on pourrait croire que la rugbywoman précoce a déjà tout gagné, mais il n’en est rien. La courte carrière de Gaëlle Hermet a été marquée par des échecs douloureux. Par deux fois, la vice-capitaine du Stade Toulousain et se coéquipières ont atteint la dernière marche d’Elite 1 (première division), sans jamais remporter la finale. Pire, elle n’a jamais participé à la plus belle des compétitions : la Coupe du monde. Non-sélectionnée pour l’édition 2017, la joueuse est plus que déterminée à représenter son pays en terres néo-zélandaises en 2021. "C’est de loin, mon objectif principal, personnel comme collectif, pour ces prochaines saisons. C’est ce qui m’anime et me hante tous les jours, le moteur pour me donner à 200%, même aux entrainements.", confesse-t-elle.

Troisième ligne au rugby, en première face au coronavirus

Malgré un développement évident du rugby féminin en France, il est encore trop tôt pour parler de professionnalisation de la discipline. "Le sport féminin a considérablement évolué depuis ses prémices. Mais on est encore sur la voie semi-professionnelle. En clair, on ne peut pas vivre du rugby uniquement, on doit avoir un projet à côté que ce soit un métier ou des études", précise-t-elle. Sous contrat à temps partiel avec la Fédération française de rugby, elle officie le reste du temps en tant qu’ergothérapeute dans un EHPAD à Cadours (Haute-Garonne).

Avec la crise sanitaire qui a paralysé le pays, elle s’est brutalement retrouvée aux première loges pour combattre la Covid-19. Ces derniers mois lui ont alors permis de s’adonner pleinement à cette seconde passion, et lui a donné un aperçu de ce que sera peut-être sa vie après le rugby. "Je me suis investie à fond. Au plus fort de la crise, jai plus que doublé mes heures habituelles. Ca a été l’occasion pour moi d’être présente et disponible pour ma profession. Au final, je suis contente de cette expérience professionnelle". Sans surprise, avec Gaëlle Hermet, le rugby n’est jamais bien loin. Alors que toutes les compétitions étaient à l’arrêt, la rugbywoman a pu retrouver dans sa profession, un peu des valeurs qu’elle chérit une fois sur le terrain. "L’isolement dû au confinement a été dur pour tout le monde. Mais j’ai beaucoup apprécié la solidarité, la disponibilité envers les plus vulnérables et le don de soi qui ont marqué cette période", se remémore-t-elle.



Son double-projet en stand-by : objectif Nouvelle-Zélande


En fin de contrat avec son EHPAD, Gaëlle Hermet peut partir de Cadours la tête haute, avec le sentiment du devoir accompli. Dorénavant, elle va mettre en pause son double-projet pour se consacrer temporairement à son sport. "Avec la Coupe du monde qui se profile, la préparation avec l’équipe de France va s’intensifier, entre les matchs, les stages et les tournées. Comme je veux être prête à 100% pour cet événement, j’ai fait le choix personnel de mettre l’ergothérapie de côté pendant quelques temps", explique la capitaine française.

Cette volonté de se donner à fond et de promouvoir le rugby féminin est ce qui la lie au Collectif des Sportives, selon elle. "J’ai découvert le Collectif sur Instagram à la base, et j’ai de suite aimé. Je ne peux qu’être derrière un projet qui promeut à ce point le sport féminin. J’apprécie beaucoup le fait de traiter d’une grande variété de sports notamment, c’est chouette !".

Portrait by Andoni Ospital.


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