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[PORTRAIT] LAËTITIA GUAPO : « TOUJOURS REPOUSSER SES LIMITES »



La jeune femme a deux mots d’ordre dans la vie : l’exigence et la patience. Deux mots qui ont payé et qui font d’elle aujourd’hui la n°1 mondiale de basket féminin en 3x3. « C’est venu récompenser, je pense, tous les sacrifices et tout le travail que j’ai pu fournir durant ces dernières années », nous détaille-t-elle avec fierté. D’autant plus que si les sacrifices ont été nombreux, ce fut pour allier tout au long de sa carrière sport et étude, quitte à accepter de descendre quelques temps en 2e division. « Beaucoup de personnes ne comprenaient pas ce choix, mais pour moi c’était essentiel pour la suite de mes études. Cela m’a permis de prendre mon temps dans ma progression personnelle comme sportive. Donc je ne regrette pas ! »


FACE AU PANIER DEPUIS PETITE


Le basket, elle y est arrivée par évidence. Dans son village d’origine, La Roche-Blanche, près de Clermont-Ferrand, les clubs de sport se faisaient rares. Tandis que son père jouait au foot, sa mère s’entrainait au basket. C’est donc sur ses traces que Laëtitia s’est essayée à ce sport. Le basket a ensuite pris une place importante dans sa vie. Au collège déjà, la jeune fille en sport étude alliait cours et entrainements au CREPS. Puis le moment décisif fut son entrée à l’INSEP durant ses années lycée. « Lorsque j’ai intégré l’INSEP, je me suis dit que ça commençait à vraiment être sérieux et que si je continuais dans cette direction je pouvais faire quelque chose dans le basket. » Une fois son bac S en poche, Laëtitia Guapo signe parallèlement son premier contrat professionnel pour l’équipe de Nice, tout en débutant une licence STAPS. Avec ce parcours d’étude, elle s’est spécialisée en éducation motricité afin de devenir professeure d’EPS. Un objectif professionnel atteint en 2018 en réussissant le concours du CAPEPS du premier coup. Suite à quoi, son emploi du temps est devenu plus chargé. Laëtitia menait 3 vies en parallèle. Tandis qu’elle s’exerce au basket dans les rangs de Mâcon, elle assure un poste d’enseignante 45 min plus loin. « En plus de tout cela, je finissais aussi mon master 2 en parallèle à Lyon... Donc j’étais dans un triangle Bourg-en-Bresse / Mâcon / Lyon : c’était sportif ! », ajoute la jeune femme. Malgré tout, cela ne l’a pas empêché de réussir. Elle a fini par être titularisée comme enseignante d’EPS et est aujourd’hui en disponibilité. Autrement dit, elle n’enseigne pas à l’heure actuelle et peut alors enfin se consacrer entièrement à sa carrière de basketteuse professionnelle. Un avantage dont elle pourra bénéficier durant 10 ans grâce à son statut de sportive de haut niveau.





DES CHAMPIONNATS UNIVERSITAIRES EN 5X5 A L’EQUIPE DE FRANCE EN 3X3

Après deux ans passés au côté de l’équipe de Charnay, elle rejoint pour la saison prochaine Bourges. Un changement d’équipe qui marque la belle progression de la basketteuse. « Je suis contente d’avoir intégré Charnay pour deux ans. On était une petite équipe de bas de tableau de 1ère division et là j’intègre la plus grosse équipe du championnat français. C’est donc un nouvel objectif pour de nouvelles ambitions », nous explique-t-elle. Et pour en arriver là, Laëtitia Guapo a su faire ses preuves dans l’ensemble des clubs traversés, jusqu’à même être repérée en 2016 pour finalement rejoindre l’équipe de France de basket féminin en 3x3 l’été dernier. En effet, aujourd’hui la basketteuse joue sur deux saisons : « j’ai ma saison régulière de basket avec mon club en 5x5 et l’été je suis en équipe de France en 3x3 ». Deux approches du sport complémentaires qui lui permettent de continuer à se dépasser sur le terrain. Le basket en 3x3, elle l’a découvert lors de ses entrainements à l’INSEP. « Ça se démocratisait pas mal quand j’y suis arrivée. Puis l’INSEP étant le miroir de la fédération qui essayait elle- même de développer cette pratique, le 3x3 a rapidement été intégré dans nos entrainements ».

Avec tout cela, Laëtitia Guapo cumule déjà de nombreux et beaux souvenirs dans sa carrière. Allant du titre de championne du monde universitaire, remporté avec son équipe en 2016 en Chine en même temps que l’équipe masculine, à l’ensemble des victoires remportées avec le maillot tricolore, elle parle de tous ces moments avec joie. Le sport lui a donc apporté une vie mouvementée mais qu’elle n’échangerait pour rien au monde. D’autant plus que le basket lui a permis de devenir la femme qu’elle est aujourd’hui. « Mon exigence fait que je suis sans cesse en train de repousser mes limites au basket, je suis toujours en train d’essayer de mieux faire, de revoir mes objectifs à la hausse. ». Une exigence et une discipline qui lui ont apporté beaucoup notamment dans ses études, et qu’elle cherche à transmettre dorénavant à ses élèves. Avec la crise sanitaire que le monde a traversé ces derniers mois, la joueuse a forcément vu ses objectifs sportifs comme personnels perturbés. Mais elle a décidé de rester motiver et positive face à tout cela. Notamment en vue de la préparation des jeux olympiques avec l’équipe de France. « C’est juste partie remise ! On a un chemin à suivre, des objectifs clairs et c’est juste un obstacle de plus à franchir pour y arriver », affirme-t-elle déterminée.




MEME REGLES MAIS PAS LES MEMES SALAIRES

À l’image d’autres sports, Laëtitia Guapo observe que la place des femmes dans le basket est moindre. Un fait qui ne lui a pas échappé notamment durant les championnats internationaux de l’été dernier : la Woman World Serie et le World Tour. Elle explique que lorsque les garçons gagnent un tournoi, équivalant aux leurs, ils peuvent remporter des sommes importantes allant jusqu’à 40 000$ par équipe. Alors que pour les femmes, la somme remportée est de 0. Une situation face à laquelle elle reste effarée : « Ils essayent de parler de parité, ils nous font jouer avec les mêmes règles, mais finalement on n’a pas du tout les mêmes gains ! ». Au basket, le problème majeur reste donc vraiment celui de l’écart salarial entre hommes et femmes. « Je vois en 1ère division, on doit gagner comme les garçons qui jouent en 3e division en moyenne ». Malgré tout, la jeune femme trouve que la situation commence à évoluer, notamment par le développement de nombreux projets comme celui du Collectif des Sportives. C’est en échangeant avec Maxine Eouzan et Léonore Duchez qu’elle a pris connaissance de ce dernier et de ses objectifs. « Je trouve le projet vraiment top ! C’est très intéressant de vouloir notamment mettre à terme un projet d'accompagnement global pour les femmes. C’est vrai que dans le basket on est bien au niveau de nos contrats, mais ce n’est pas le cas dans tous les sports ! », explique-t-elle. Elle voit aussi beaucoup de choses à faire autour des projets de maternité des sportives de haut niveau ou de la combinaison de leur vie personnelle et sportive. « Je suis donc à fond pour et je soutiens vraiment ce genre de projet ! Les garçons ne rencontrent pas ces problèmes, c’est donc important que les femmes soient soutenues. »

Portrait by Heather Cerf.


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