Rechercher
  • Collectif des Sportives

[PORTRAIT]- Maëlle Grossetête : "Il faudrait que chaque équipe cycliste ait son équivalent féminin"




Maëlle Grossetête peut descendre de sa selle pour un moment. Après un mois d’octobre très chargé, où ont été reprogrammées toutes les compétitions annulées au printemps dernier, la cycliste française vient de conclure la saison. Son équipe, la FDJ-Nouvelle Aquitaine-Futuroscope a décidé de faire l’impasse sur la dernière étape de l’année, au vu du contexte sanitaire actuel. Si la situation rentre dans l’ordre d’ici là, la Savoyarde renfilera le casque et la combinaison dès le mois de décembre. Mais pour l’instant, le repos est de mise histoire de souffler un peu avant le retour aux affaires, avec un seul objectif en tête : le Tour de France de 2022.

Un Tour de France pour les femmes, enfin !

Le projet n’a pas été encore officialisé, mais Maëlle Grossetête en rêve déjà. Disparue depuis 1989, la Grande boucle féminine a de grandes chances de faire son retour. Pour celle qui voit ce sport individuel avant tout comme une affaire d’équipe, c’est bel et bien l’objectif collectif ultime : « On ne pense qu’à l’annonce officielle du Tour. En tant que seule équipe française du World Tour (plus haut niveau mondial, ndlr), on veut tout faire cette année pour créer un groupe solide et performant, paré à faire de bons résultats quand viendra le Jour-J ! ».

Et pour ce qui est des bons résultats, Maëlle Grossetête en connait la recette. La sportive, originaire de Passy (Haute-Savoie), en réalise depuis qu’elle est toute petite. Et pas seulement guidon en main. Car ce ne sont pas les routes, mais les pistes qu’elle a commencées à arpenter en premier. « J’ai fait du ski alpin en compétition pendant plus de dix ans. Pour la préparation physique estivale, on faisait un peu de VTT. J’ai ensuite essayé le vélo, et après quelques petites courses, j’ai pris ma licence et je me suis mise à la compétition », explique-t-elle. Régional, national et plus encore… Maëlle Grossetête gravit les échelons aussi vite que les cols, et débarque dans le monde pro après des titres aux championnats de France des jeunes.





Globe-trotteuse aux valises posées à Grenoble

Qui dit découverte du monde pro, dit découverte du monde tout court. Avec son équipe de la FDJ-Nouvelle Aquitaine-Futuroscope, elle voyage à travers le globe : Australie, Etats-Unis, Espagne, Pays-Bas, Italie… Maëlle Grossetête y fait valoir la puissance de ses muscles, mais pas que. « J’apprécie énormément cet aspect du cyclisme. Mis à part le temps que l’on passe dans les transports qu’on aime moins, ces voyages nous ouvrent sur le monde, c’est génial ! Bien entendu, on ne fait pas de tourisme, mais on voit de nombreux paysages, on rencontre beaucoup de personnes ».

Malgré tout, l’athlète de 22 ans n’a jamais réellement quitté ses Alpes natales. Cinq ans plus tôt, elle a parcouru les presque 200 kilomètres qui séparent son village de Grenoble. Dans la cité iséroise, la cycliste mène son ambitieux double-projet en suivant des études de kinésithérapie. Un cursus qui lui plait et qui apporte de l’équilibre à son quotidien de sportive de haut-niveau. « Ça me permet d’avoir une vie sociale en dehors du vélo. C’est très important de ne pas être dans le sport du matin au soir », se réjouit-elle. Et c’est tant mieux puisque Maëlle Grossetête va passer encore quelques années sur les bancs de l’école, puisque son emploi du temps est aménagé de sorte qu’elle dédouble ses années d’études.




Professionnalisation, « gap avec les garçons » et Covid-19

Ce n’est pas un souci pour la jeune femme qui peut se consacrer pleinement à sa passion. Et sereinement qui plus est. En effet, le cyclisme a cette particularité (récente) de s’être professionnalisé. Depuis janvier dernier, une réforme du World Tour a instauré des contrats professionnels pour chaque coureuse, et les avantages qui s’ensuivent : un salaire minimum qui augmente chaque année, des cotisations en vue de la retraite et même des congés payés ! « C’est une belle étape. Cela va de pair avec une médiatisation croissante et des équipes féminines qui se développent de plus en plus. Pour l’instant, je peux tout juste en vivre mais d’ici quelques années, cela deviendra vraiment intéressant », analyse-t-elle.

Mais forte d’une ambition qui ne la quitte jamais, Maëlle Grossetête ne souhaite pas s’en arrêter là car, selon elle, il reste encore beaucoup à faire dans son sport. « Notre cause avance doucement, surement, mais il existe encore un gros gap entre les garçons et nous ! Pour que le vélo féminin se développe pour de bon, il faudrait que chaque équipe cycliste ait un équivalent féminine ! », suggère-t-elle avant d’émettre certaines réserves. « J’espère seulement que le Covid-19 ne freinera pas ce bel élan pour notre discipline. Que ce soit au niveau des compétitions, des équipes mais surtout de l’économie car c’est toujours plus compliqué à gérer pour les petites organisations ».

Des perspectives peu réjouissantes, mais qui ne sont pas de nature à faire perdre son optimisme à Maëlle Grossetête. Encore moins lorsqu’elle en vient à évoquer le projet du Collectif des Sportives. « C’est un beau projet, qui a l’avantage d’œuvrer dans de nombreux sports, et de rassembler beaucoup de sportives. Venant du vélo, c’est intéressant de se rendre compte des problèmes auxquels les sportives font face. Beaucoup de gens sont à des années lumières des problématiques du sport féminin, et le projet du Collectif permet de s’en rendre compte. C’est super ! ».


PORTRAIT BY ANDONI OSPITAL.

28 vues
CELIA
PERRON

HEPTATHLON

PORTRAIT DE LA SEMAINE 
  • Noir Icône YouTube
  • Black Facebook Icon
  • Black Twitter Icon
  • Black Instagram Icon
  • LinkedIn - Black Circle

© Le Collectif des Sportives

lecollectifdessportives@gmail.com

31000 TOULOUSE

0674973177

Contactez-nous

decathlon.jpg
bnp.jpg
axa.png
sncf.png
regiojn occitanie.png
conseil departemental.png
cryo control .jpg
café oz.jpg
stratégia_avocats_edited_edited.jpg