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[PORTRAIT] Manon Petit-Lenoir : "Quand tu te blesses, tu penses forcément à l’après…"


La vie d’une sportive de haut-niveau est parfois faite d’aléas et de coups du destin. Si quelqu’un a eu l’occasion de vérifier cet aphorisme, c’est bien Manon Petit-Lenoir. "J’ai frôlé la catastrophe". C’est avec ces mots, sobres, qu’elle résume sa quadruple-fracture aux cervicales en 2018 qui l’a immobilisée en corset « intégral » pendant quelques mois. A 22 ans, la snowboardeuse française a enchainé les blessures dans sa jeune carrière, mais elle s’est toujours relevée. Portrait d’une battante, aussi douée que déterminée.

Un talent plus que précoce

Si on entend souvent parler d’"enfants de la balle", Manon Petit-Lenoir, elle, est une enfant de la glisse. Quand des bébés ne savent toujours pas marcher à 18 mois, la jeune Savoyarde était déjà debout sur ses skis au même âge. Originaire de Samoëns (Haute-Savoie), elle a fini par suivre les traces de sa mère et de son frère, tous deux snowboardeurs, à l’âge de 8 ans. Au club Les Carroz, elle se spécialise dans la spectaculaire discipline du snowboardcross. La novice gravit les échelons rapidement jusqu’à atteindre le groupe coupe du Monde où elle évolue actuellement.

Plus de 14 ans après, Manon Petit-Lenoir a inscrit à son palmarès plusieurs résultats marquants et prometteurs en individuel comme en équipe. La snowboardeuse est fière d’un titre en particulier. "J’ai connu beaucoup de moments joyeux, mais le meilleur, c’est ma victoire aux Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2016. C’était à Lillehammer, en Norvège, et ma famille et mes amis avaient fait le déplacement. Gagner une médaille d’or là-bas devant eux, c’est quelque chose de vraiment classe", se remémore-elle.

Une fois dans le circuit mondial senior, Manon Petit-Lenoir a conservé la faim de titres qui la caractérise. Un an après son titre olympique, la Française s’est notamment classée cinquième aux championnats du monde. Des belles performances répétées qui lui ont permis de se hisser dans le top 10 mondial de sa discipline en 2017. Depuis, le tableau est un peu moins rose. En effet, la snowboardeuse a découvert les blessures et les longues rééducations qui s’ensuivent. Outre ses fractures aux cervicales, une lésion au genou lui a fait manquer la qualification pour les Jeux Olympiques d’hiver en 2018.




Des blessures et un mental à toute épreuve

Ces moments difficiles l’ont fait réfléchir alors que sa carrière décollait. "Tu te poses plein de questions : est-ce que je continue le snow ou pas ? Tu penses aussi à l’après-carrière…", confesse-t-elle. Aidée par son coach mental, elle a développé une force de caractère qui lui a permis de toujours garder la tête haute et d'aller de l'avant. "Lorsque j’ai eu ma grave blessure, je venais de faire mon premier podium en Coupe du monde. Je me suis dit que ce serait dommage de m’arrêter-là alors que c’est ce que j’aime… Je me suis battue et sept mois plus tard, j’étais de retour sur la planche".

Débarrassée de toute appréhension sur le snowboard, Manon Petit-Lenoir n’était pas au bout de ses désillusions. Pour son retour à la compétition, la Savoyarde s’est luxée l’épaule lors d'une chute en octobre dernier, une articulation déjà fragilisée suite à sa grosse blessure de 2018. Contrainte de se faire opérer, elle a du faire une croix sur sa saison 2019-2020. Enfin remise de ses blessures et de retour sur le snow, son élan a de nouveau été stoppé par le confinement, cette fois. "C’était bien galère, mais il faut toujours relativiser", ajoute-t-elle humblement.



"Les réseaux sociaux ramènent des sponsors pour le snow… et pour moi !"

Justement, Manon Petit-Lenoir a profité du confinement général pour continuer à s’entrainer. En temps normal, elle aurait du profiter de la seule pause de la saison, entre avril et juin, pour retourner à l’école. Inscrite à l’université d’Annecy, la sportive de haut-niveau suit des études en techniques de commercialisation à un rythme aménagé, de par son statut. "C’est important pour moi de continuer mes études. Ça reste assez général parce que je n’ai pas encore de but professionnel précis, avoue la jeune femme. Pour l’instant, je veux être à 100% dans le snow, mais plus tard, je pourrais peut-être travailler avec mes sponsors… ou alors, reprendre mes études car j’ai toujours voulu devenir infirmière !".

Aujourd’hui, si la snowboardeuse a l’opportunité de vivre de sa passion, ce n’est pas si simple. "C’est possible mais pour cela, il faut faire partie des dix meilleures au monde". Ses revenus proviennent des primes de résultats mais surtout de ses sponsors qui aident à financer sa saison. Manon Petit-Lenoir a la chance d’en avoir plusieurs à ses côtés, notamment grâce à une habile gestion de ses réseaux sociaux. "C’est super important pour une sportive. Ça permet de ramener des sponsors pour le snow… et pour moi ! Mais il faut faire attention car les gens t’attendent au tournant !", explique-t-elle.






Les inégalités entre sexes ? "Le regard des gens doit encore changer…"

Manon Petit-Lenoir mesure la chance qu’elle a d’être dans une discipline où les hommes et les femmes sont sur un pied d’égalité. "Jai la chance d’évoluer dans une discipline ou règne la parité. Une victoire en Coupe du monde peut ramener jusquà 11.000€ pour les deux sexes. Mais ce nest pas encore le cas dans toutes les disciplines où les différences entre lhomme et la femme existent encore. En général, des progrès ont été faits depuis des années, mais le regard des gens doit encore changer…".

A cet égard, la snowboardeuse salue l’action du Collectif des Sportives. "C’est ultra cool que des gens se battent pour que le sport féminin se développe. D’autant plus que grâce à l’association, les sportives peuvent se rencontrer et c’est génial d’unir les sportives !".



Portrait réalisé by Andoni Ospital.



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