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[PORTRAIT] Mathilde Becerra: « s’accepter en tant que femme et pas seulement en tant qu’athlète »

Mis à jour : mars 25


« Comme une évidence ». C’est par ces mots que Mathilde Becerra décrit sa découverte de l’escalade, un mercredi après-midi, alors qu’elle accompagne une amie à la salle d’escalade. Elle a 13 ans et déjà une réputation de casse-cou, après une enfance passée à grimper aux arbres. Hyperactive, la petite Mathilde est déjà passée par plusieurs sports, dont l’équitation, mais c’est sur le mur, suspendue par les doigts et les orteils, qu’elle trouve son équilibre. « Une fois accrochée en haut, personne ne pouvait venir me chercher, c’était pour moi une vraie forme de tranquillité et d’évasion. »


Une carrière fulgurante et le goût du challenge


Son aisance sur le mur l’amène aux portes de l’équipe de France junior, seulement trois ans après sa découverte de la discipline. « Normalement ça prend plus de temps, mais c’est comme si ça faisait partie de mon destin ». Mathilde Becerra brille immédiatement, telle une enfant de la grimpe. Un titre de championne de France junior et plusieurs podiums internationaux plus tard, elle passe chez les seniors à 19 ans, en même temps qu’elle commence ses études à l’INSA de Toulouse. « Mon père m’a toujours poussée à être studieuse, et j’ai eu le droit d’aménager mes études, en passant ma dernière année en deux ans par exemple, alors ça s’est plutôt bien passé. J’ai vraiment aimé cette période, c’est vrai que l’enchainement sport et cours peut être un challenge, mais ça m’a apporté un certain équilibre. » Un équilibre qui l’aide à grimper vers les sommets : diplômée, solide dans sa tête après avoir toujours vécu auprès de sa famille à Toulouse, elle s’installe dans les Alpes à Chambéry puis au Pôle France et se stabilise pendant 4 ans dans le Top 8 mondial, décrochant même la quatrième place lors des championnats du monde 2015 et 2016. Cette même année, elle est titrée championne de France senior, à Pau, sur les épreuves de difficulté et remporte le classement combiné, s’étant alignée sur les trois épreuves.

Toujours prête à relever de nouveaux défis, Mathilde participe en 2019 à un jeu télévisé, la Course des Champions, présenté par Teddy Riner. Directement sollicitée par France 2, elle n’hésite pas une seconde à dire oui et se lancer dans l’aventure. « Je savais que j’allais devoir sortir de ma zone de confort, avec du parcours, mais je savais que je pouvais me rattraper sur certaines parties. En plus, on nous a tout de suite mis à l’aise, il n’y avait aucune différence de traitement entre les filles et les garçons. »






Engagée pour le sport au féminin


Ce qui était un aspect essentiel pour Mathilde, qui vient d’un sport « avec une vraie égalité des sexes, où les hommes savent qu’ils ne sont pas forcément plus forts que les femmes ». Un vrai sport de haut-niveau, avec ses exigences au quotidien, ses sacrifices et ses conséquences. Lasse du rythme des compétitions, pas convaincue par le mode des qualifications aux Jeux Olympiques de Tokyo, où l’escalade sera présente pour la première fois, Mathilde décide de prendre sa retraite à la suite d’un burn-out. « Pour revenir aux bases, avec de l’escalade sur falaise. Je me suis mise à l’alpinisme aussi ». Retrouver du plaisir donc, et aussi se retrouver avec elle-même. « Avec le sport de haut-niveau, les cycles hormonaux et le corps changent. Il y a un travail à faire pour s’accepter en tant que femme et pas seulement en tant qu’athlète ». 


C’est pour partager cette expérience que Mathilde a décidé de rester impliquée dans le sport malgré sa retraite. Optimiste, elle considère que « le sport féminin évolue, même s’il reste des progrès à faire pour être reconnues à égalité avec les hommes, on va y arriver ». Malgré une solide expérience des réseaux sociaux, s’étant constituée seule une communauté fidèle, elle se refuse à vouloir travailler dans le domaine : « Je ne suis pas agent d’image, il y a des gens qui font ça mieux que moi. Aujourd’hui je m’en détache un peu car ça peut être trop prenant, il faut modérer leur usage dans une carrière sportive, même si c’est important pour les sponsors et la visibilité ». Au lieu de ça, elle multiplie aujourd’hui les conférences au sein de grands groupes (SNCF, Clarins) pour partager son vécu et « rendre à la communauté » tout ce que l’escalade lui a apporté. C’est en ce sens qu’elle s’est engagée au sein du Collectif des sportives, un projet qui lui « tient à cœur », afin d’aider les sportives à se sentir épanouies et équilibrées dans leur pratique et dans leur carrière au quotidien.



Portrait by Xavier Regnier.

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