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[PORTRAIT] - Tifany Huot Marchand :"La médiatisation va permettre à toutes les femmes de s'affirmer"




Il y a deux ans déjà, Tifany Huot Marchand affichait tout haut ses ambitions elles aussi élevées. « Décrocher une médaille aux Jeux, c’est un vrai objectif. Je compte vraiment me donner les moyens de l’atteindre », déclarait-t-elle déjà au Collectif des Sportives. Deux années se sont écoulées, la pratique du sport de haut-niveau - en France comme dans le monde entier - a été bouleversée, mais les ambitions de la short-trackeuse française, elles, restent identiques.

A l’époque, la native de Nans (Doubs), sortait d’une expérience pleine d’enseignements aux Jeux Olympiques d’hiver 2018. À Pyeongchang, en Corée du Sud, elle s’était alignée sur 500 et 1500 mètres, mais sa première expérience olympique s’était échouée sur la ligne d’arrivée des séries. En 2022, lors de la prochaine édition, Tifany Huot-Marchand aura à cœur d’atteindre la finale pour y décrocher une des fameuses breloques. « Remporter une médaille aux prochains Jeux est mon rêve ultime. Je suis prête à réaliser tout ce qu’il sera nécessaire et à tout mettre en place pour le réaliser ».




Une année 2021 très chargée

Mais la route jusqu’au podium des JO de Pékin est encore longue. Première étape sur ce chemin, les championnats d’Europe et du monde qui seront les dernières grandes échéances avant le début des sélections pour les Jeux. Ces dernières se composent de quatre Coupes du monde, qui se tiendront à partir du mois d’octobre 2021, où Tifany Huot Marchand devra sortir le grand jeu. Des épreuves compliquées, certes, mais pas infaisables pour celle qui, à 26 ans, a collecté les médailles sur les scènes nationales et mondiales : vice-championne d’Europe et championne de France élite en 2019, médaillée de bronze en coupe du monde en 2020…

Un parcours déjà magnifique, que Tifany Huot Marchand n’aurait jamais osé imaginer lorsqu’elle a passé pour la première fois les portes d’une patinoire, à l’âge de 9 ans. « Une voisine, qui faisait du patinage de vitesse, a voulu nous faire découvrir ce sport à ma sœur jumelle et moi. Elle nous a emmené à Belfort, à une heure de chez moi, et c’était une grande découverte pour moi. La sensation d’être sur les patins, cette ambiance de club… J’ai de suite accroché ! ». La Francs-comtoise développe sa passion pour cette discipline au fil des compétitions, en France, puis à l’international. « En 2010, ma sœur et moi avons été prises au pôle de Font-Romeu et à partir de là, je n’ai fait que progresser », explique-t-elle. Le début de l’ascension.

« Le short track est un sport confidentiel »

Installée depuis maintenant dix années dans les vallées sinueuses du massif pyrénéen, Tifany Huot Marchand y a éclos, sportivement, et s’y est épanouie, humainement. À Font-Romeu, la patineuse mène de front sa carrière sportive, et ses études qu’elle est n’a pas encore terminées. En parallèle de son intense préparation olympique, la jeune femme prépare le concours pour devenir professeure des écoles. Un autre de ses rêves, auquel elle tient depuis sa plus tendre enfance. « J’ai toujours voulu faire ça, j’adore les enfants. Ils ne se posent pas vraiment de questions, ils sont pleins d’énergie et surtout sans filtre, ce qui me plait beaucoup », justifie l’athlète.

Un double-projet, à ses yeux « essentiel, qui permet de s’aérer l’esprit », rendu indispensable par la non-professionnalisation de son sport. Malgré une aide de la ville de Belfort, « sans laquelle c’était impossible de continuer le short-track », il est très difficile pour Tifany Huot Marchand de trouver des partenariats, et encore plus des sponsors financiers. Comment se fait-il ? La réponse est toute trouvée selon elle : « Le short-track est très peu médiatisé, on peut même parler de sport confidentiel. On ne passe à la télévision que tous les quatre ans… Forcément, c’est compliqué pour nous de trouver des contrats… », regrette-t-elle.




« Le Collectif des Sportives, c’est l’avenir ! »

Interrogée sur la question de l’égalité au sein de son sport, Tifany Huot Marchand rappelle qu’au sein de la Fédération internationale de short-track (ISU), les primes sont du même montant pour les short-trackeuses et leurs camarades masculins. Mais cette question se pose ailleurs, d’après elle : « Les médias restent souvent tournés vers les garçons, surtout en France. Par exemple, en 2015, on avait réussi à monter une équipe française féminine de relais, chose inédite depuis plus de dix ans. En l’espace, on truste le top 8 mondial et on décroche des médailles aux championnats d’Europe ! Résultat : personne n’en avait entendu parler, alors que si la même chose avait été réalisée par les garçons… ».

Jamais défaitiste, Tifany Huot Marchand garde néanmoins espoir. À son humble échelle, et dans le sillage d’une féminisation progressive du sport, elle est convaincue que le changement est en marche - à défaut d’être sur des patins. « De plus en plus de gens connaissent le short-track. Je ne suis pas suivie par des milliers de personnes, mais je ressens plus d’attention depuis deux ans, que dans toute ma carrière auparavant », se réjouit-elle. Deux ans qui correspondent aussi à la première interview qu’elle avait accordé au Collectif des sportives, un projet auquel elle était déjà, et reste toujours, très sensible. « Le Collectif des sportives, c’est l’avenir ! Aujourd’hui, en partie grâce au Collectif, on parle de plus en plus de la femme dans le sport. Cela permet de mettre la lumière sur nous, et de manière générale, cela va aider toutes les femmes à s’affirmer. J’en suis certaine ! ».


PORTRAIT BY ANDONI OSPITAL.

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